 Je sors du cinéma où je suis allé voir le film d'Al Gore, An Inconvenient truth. C'est assez édifiant, et à plus d'un titre. D'abord, s'il a fait campagne sur ce sujet, on peut admirer avec un peu d'ironie que Bush lui soit passé devant à l'époque… Mais surtout, j'avoue avoir été affligé de constater à quel point ce message que tout le monde entend et connaît depuis des années a du mal à se faire un chemin dans les esprits. Combien de catastrophes climatiques seront nécessaires avant que l'opinion publique s'extirpe de ses pesanteurs et se mette en marche au service du long terme et de la mesure ? Et les politiques ? Quand la logique absurde des marchés se pliera-t-elle à la rationalisation et au respect de la nature, du monde ?
En attendant, on peut toujours tirer un coup de chapeau à Al Gore, à notre connaissance le seul homme politique de premier plan qui ait empoigné le taureau par les cornes. Bien sûr, d'aucuns l'accuseront de démagogisme, d'autres pointeront du doigt son goût du show à l'américaine, mais au moins, et par ces mêmes médias qui contribuent souvent, via la culture de masse, à valoriser la déesse consommation, il aura peut-être un impact sur le grand public. Il serait temps…
La France est sans doute un meilleur élève écologique que les États-Unis, mais j'avoue me désespérer qu'il m'ait fallu attendre ce film pour enfin retrouver chez un homme politique des préoccupations qui ressemblent aux miennes. Je suis bien en peine de choisir pour qui je voterai en 2007 : il faut aller faire un tour sur le site des Verts pour se faire une idée du côté bricolage dont la politique décidément ne se défait jamais. Pour ceux qui attendent la révolution, il reste encore à attendre. Mais je crois que j'aurais voté pour Al Gore sans trop me forcer. S'il a pu obtenir un tel résultat du grand politicosceptique que je suis, peut-être le miracle aura-t-il lieu ? |