 Grosse déception après avoir vu en DVD Haute tension. Bon, tout cela fonctionne plutôt bien jusqu'à un quart d'heure de la fin, c'est très gore, il faut aimer, mais personnellement ça ne me gêne pas et ce genre de film exerce une saine catharsis car le méchant est vraiment détestable. J'avais plutôt bien aimé le remake d'Alexandre Aja de La Colline a des yeux, que je trouvais à la fois efficace et pas dénué de réflexion derrière l'apparent premier degré.
Hélas ! Voilà qu'on nous a préparé un retournement et que l'histoire n'est pas ce qu'on croyait… Bon je ne veux pas vendre la mèche pour ceux qui n'auraient pas vu le film, mais le retournement ne marche pas parce qu'il y a abus de confiance. Une fois n'est pas coutume, je rejoindrai l'opinion du personnage de Stephen King dans Misery : il ne faut pas se moquer du lecteur ou du spectateur. Si on nous a montré quelque chose, cela veut dire que c'était réel, sauf si c'est un rêve.
En gros, il y a un problème de point de vue, et alors que tout le film semble se passer en focalisation externe, on est en fait en focalisation interne, ce qui permet au réalisateur de ménager un coup de théâtre quand on comprend que les choses ne sont pas ce qu'elles paraissaient. Sauf que…
D'abord il y a des scènes qui ne peuvent pas exister en focalisation interne, notamment la première apparition du tueur, à laquelle n'assiste pas le personnage par lequel se fait la focalisation. Donc c'est de la manipulation pure et simple que de nous la montrer et de nous dire après "c'est ce que voyait le personnage" car ledit personnage n'était pas là.
Ensuite il y a des petits soucis d'hémoglobine : comment Cécile de France se retrouve-t-elle en sang s'il n'y a pas eu d'accident de voiture ? Et d'ailleurs d'où vient la camionnette ?
On pourrait continuer mais il est difficile de ne pas raconter le film et fastidieux pour ceux qui ne l'ont pas vu de lire ces lignes. L'essentiel est que j'ai horreur de ce genre de procédé. Je veux bien me laisser emmener où veut le réalisateur, mais à condition qu'il ne m'arnaque pas. Sinon, on est en droit de demander le remboursement, comme dans Misery.
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