 Amis du lyrique, réjouissez-vous : les décès se succèdent cette année chez les vieux "grands" chanteurs. Après Birgit Nilsson, Elisabeth Schwarzkopf et Leopold Simoneau, c'est au tour d'Astrid Varnay de laisser descendre définitivement le rideau. Ça ne doit pas affliger grand monde, car il s'agit de vieilles dames et d'un vieux monsieur qui n'intéressent plus que quelques collectionneurs de rarities ou d'enregistrements historiques pleins de craquements. Il y aurait pourtant de quoi, car chacun à sa manière n'a jamais été remplacé. Polaski ou Watson ne sont certes pas Nilsson ou Varnay, pas plus que Véronique Gens n'est Schwarzkopf ou Bostridge Simoneau. Mais notre temps ne veut plus de ces artistes démodés, rabat-joie, qui ne pensaient qu'au travail, quitte à laisser leur vie personnelle (ou leur plaisir) de côté. L'art n'est plus un sacerdoce, il est un loisir. Ne nous prenons surtout pas trop la tête, chantons pour le fun, écoutons de même, et les derniers feux du crépuscule des vieux seront bientôt éteints sans que personne n'en ait éprouvé la moindre amertume. Alleluia. |