| jeudi 13 mars 2008, a 11:45 |
| Le monde selon Monsanto |
 C'est le titre d'un documentaire diffusé sur Arte mardi dernier, et visible en ligne encore quelques jours.
Où l'on apprend que l'agence alimentaire américaine est au service du géant américain des biotechnologies ; que ledit géant est champion du monde de l'intox, du mensonge et de la manipulation ; que les intérêts économiques de la filière sont aux yeux des autorités américaines une priorité devant qui toute question sanitaire est insignifiante ; que le monopole mondial du maïs est pour bientôt ; que des millions d'américains boivent en même temps que leur litre de lait quotidien du pus et des antibiotiques à cause des hormones de croissance, du reste tout à fait inutiles au vu de la surproduction américaine dans ce domaine ; etc.
Édifiant ! De quoi alimenter la polémique sur les OGM et de manière plus générale sur l'agro-alimentaire dans le monde, et se poser cette question de fond : pourquoi les OGM, et surtout pour qui ? Pour les agriculteurs ? Pour les consommateurs ? Pour les scientifiques ? Ou pour Monsanto ?
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| vendredi 20 juillet 2007, a 18:49 |
| Le noyau dans le fruit |

Le réseau Sortir du nucléaire
publie un rapport EDF édifiant sur le risque sismique concernant
plusieurs centrales nucléaires de son parc. Difficile de vérifier la
provenance de ce rapport, mais une information tout de même très
préoccupante. EDF aurait manoeuvré pour étouffer les résultats d'études
scientifiques très sérieuses, aurait ensuite refusé de payer pour les
travaux à faire pour améliorer la situation. Plus d'informations sur le
site.
Le réseau avait déjà il y a peu publié un guide très intéressant sur le
réacteur ITER et la fusion nucléaire, technique vraisemblablement
impossible à mettre en oeuvre dans un délai réaliste, et de plus
horriblement coûteuse et polluante tant qu'elle ne sera pas au point.
Le projet ITER en soi n'est d'ailleurs pas du tout productif, son but
étant seulement de montrer qu'on peut exploiter la fusion quelques
secondes sur Terre, et produire pendant 6 à 7 minutes 10 fois plus
d'énergie qu'il n'en consomme, tout cela pour la modique somme de 10
milliards d'euros. Sans parler des risques environnementaux (2kg de
tritium dans le réacteur, à 10 millions de dollars le kilo, peuvent
tuer 2 millions de personnes, plus la radioactivité 10 fois supérieure
à une centrale à fission), aucun matériau connu ne résisterait à la
fusion et on emploierait un champ magnétique, mais ce dernier ne bloque
pas les neutrons, lesquels heurteront à leur tour une paroi dans un
matériau hypothétique qui pourrait résister… Bref, promis depuis
1950, le réacteur à fission n'est pas près de voir le jour. Il présente
en plus le risque que le tritium, à l'heure actuelle très difficile à
produire, devienne plus facile à se procurer. Le tritium, c'est
l'ingrédient magique qui fait d'une bombe nucléaire une bombe H, 10
fois plus puissante.
Autant dire que ce n'est pas l'énergie de l'avenir, car elle ne pourra
jamais être mise en oeuvre dans des pays pauvres et restera toujours
dangereuse et difficile à exploiter, polluante en déchets radioactifs,
à supposer qu'elle soit un jour exploitable. Une fois de plus, nos
politiques s'illustrent par leur ambition, leur soif de sensationnel,
et leur mépris de l'efficacité et du travail de fond.
L'écologie a encore de belles années devant elle… Et il faudra encore avaler beaucoup de noyaux (d'atomes) pour goûter les fruits de l'énergie miracle.
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| lundi 28 mai 2007, a 21:11 |
| La BNP et l'atome |
La BNP s'apprête à financer une centrale nucléaire à Belene en
Bulgarie, au grand dam de plusieurs associations anti-nucléaires.
Plusieurs risques sont évoqués, notamment l'activité sismique du site
(!). Apparemment le réacteur ne correspond pas aux normes de sécurité
françaises, mais le groupe BNP-Paribas entend pourtant soutenir le
projet. A l'occasion de la journée mondiale de l'Environnement des
Nations Unies, le 5 juin 2007, plusieurs associations appellent à
distribuer des tracts aux salariés de la BNP.
Il est aussi possible d'envoyer un courriel aux intéressés ici.
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| dimanche 27 mai 2007, a 17:09 |
| Mes quatre premiers écus |
Voilà, mon petit Ginkgo biloba semé au mois de mars après une bonne stratification de 6 semaines dans le bac à légumes a montré le bout de son nez, et pousse très vite. À l'appui, ces deux photos prises à une semaine d'intervalle où l'on voit bien l'apparition des premières feuilles, dont la couleur dorée caractéristique à l'automne lui ont valu son nom d'Arbre "aux quarante écus". Arbre robuste et très utilisé pour ses propriétés médicinales par l'industrie pharmaceutique, on dit que c'est la seule espèce a avoir survécu aux radiations d'Hiroshima… C'est aussi l'un des plus vieux arbres, le seul survivant de son genre.
Reste à savoir ce que je ferai du mien, soit un bonsaï que je formerai de A à Z, soit un arbre planté en pleine terre (pourquoi pas ?).
Plantez des arbres ! |
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| vendredi 12 janvier 2007, a 09:39 |
| Pacte écologique |
Nicolas Hulot n'a pas encore annoncé s'il serait finalement candidat à l'élection présidentielle. Il a proposé aux autres candidats de signer son Pacte écologique, qui contient 10 objectifs et 5 mesures concrètes à prendre immédiatement pour engager le prochain mandat sous le signe de l'écologie. Ne nous leurrons pas, avant que la révolution ne soit en marche, la pollution a encore de belles années devant soi, mais on peut au moins essayer d'inciter les candidats à prendre ces questions au sérieux… si vous êtes sensibilisé à ces problèmes et que vous souhaitez appuyer ce message aux politiques, ne ratez pas l'occasion et signez le Pacte écologique ! |
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| mardi 24 octobre 2006, a 19:29 |
| Baleines |
 L'islande a annoncé la reprise de la chasse à la baleine : c'est admirable. On se demande à quoi servent les accords internationaux. Le moratoire ne plaît plus : qu'à cela ne tienne, n'importe quel pays peut décider d'y contrevenir. Rien à faire, il suffit de décider, et aucune instance n'est en mesure de contraindre le vilain petit canard à faire comme les autres. Dans un pays, quand un individu contrevient à la loi, on la lui rappelle en lui disant que s'il ne se range pas il va y avoir des sanctions. Mais les états font bien ce qu'ils veulent, sans personne pour les déranger. Ce n'est pas nouveau.
Les nostalgiques de Moby Dick seront au moins satisfaits, même si l'aventure a un peu changé avec la pêche insudtrielle. Aucun baleinier ne sombre plus pour s'être mesuré aux forces de la nature… C'est bien normal, après tout, que l'espèce dominante fasse ce qu'elle veut d'un monde qui est à sa disposition. Les miracles du jardin d'Eden sont là pour l'homme moderne, dont les machines et la technologie rattrapent le pouvoir divin. Sauf que…
Comme toujours dans le domaine du pouvoir, il est plus facile de détruire que de créer. C'est en quoi le pouvoir humain reste parfaitement théorique et ne pourra jamais s'égaler à celui de la création. Et d'ailleurs qui le souhaiterait, hors quelques fous qui n'ont pas compris qu'il existait des limites ? À quoi bon vouloir créer la vie quand tant de vivants souffrent et meurent sans qu'on puisse y remédier ? À quoi bon détruire ou asservir, quand il existe déjà tellement de véritables et inévitables occasions de malheur ? Quel profit l'homme tire-t-il de la destruction ?
Il me semble que c'est dans ce domaine que devraient subsister les derniers tabous de notre société, beaucoup plus que par rapport à des choses bêtement refoulées, d'ordre sexuel, social, funèbre. Je veux dire qu'une société évoluée devrait être plus choquée par l'idée de la destruction que, pour prendre un exemple un peu extrême, l'inceste. L'inceste est un tabou historique car lié à une logique familiale qui, soit dit en passant, n'a plus vraiment de sens à notre époque. Croissez, multipliez-vous, lit-on dans la Bible, car un peuple puissant et prospère est nécessairement nombreux et fécond. Quid de tout ça à l'heure de la surpopulation ? L'inceste, de même, protège contre un certain dépérissement de la famille, dans un contexte où les alliances et la perennité du patronyme étaient essentielles. On en est loin, à présent ; ou du moins, cela n'est rien par rapport à la destruction, en tant que geste purement négatif.
La civilisation est le principe inverse de la destruction. Elle est - ou devrait être à mon avis - une tentative pour s'accomoder de l'incapacité de l'homme à apprivoiser un véritable pouvoir créateur, par le biais de la conservation, de la tradition. Elle est le cadre où les rites prennent leur sens, car ils représentent à la fois les mystères que l'homme ne peut pénétrer, et une tentative de préserver la mémoire de temps qui ne peuvent plus être et que nul ne saurait ramener à la vie. Ils deviennent ainsi une compréhension de l'éphémère et de l'urgence qu'il y a toujours à conserver. Ce qui ne s'oppose pas à créer du neuf, avec les moyens humains. Mais la destruction en est probablement la chose la plus éloignée. Dangereux écueil de notre temps : si un jour il n'y a plus de baleines le long des côtes d'Islande, qui pourra réparer ce mal ? Le peu de profit que rapporte leur exploitation vaut-il ce jeu de la destruction ? Qui peut soutenir le spectacle de la mise à mort et de l'agonie d'un être immense et sage, plus que nous capable de se soustraire à la destruction, pauvres humains pourtant nantis de civilisation ?
La destruction est un péché, le seul peut-être, qui devrait épouvanter n'importe quel être évolué. Il faut parfois y recourir, peut-être. Mais jamais le coeur léger. L'indifférence à la destruction est le point de départ de tous les fanatismes, et par cette seule sagesse l'humanité aurait évité les plus terribles soubresauts de son histoire. Puisse le XXIe siècle apporter cette leçon à l'humanité, et puissent les décisions comme celle de l'Islande être bien vite abandonnées, au nom du refus de la destruction. |
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| lundi 16 octobre 2006, a 23:43 |
| Climat |
 Je sors du cinéma où je suis allé voir le film d'Al Gore, An Inconvenient truth. C'est assez édifiant, et à plus d'un titre. D'abord, s'il a fait campagne sur ce sujet, on peut admirer avec un peu d'ironie que Bush lui soit passé devant à l'époque… Mais surtout, j'avoue avoir été affligé de constater à quel point ce message que tout le monde entend et connaît depuis des années a du mal à se faire un chemin dans les esprits. Combien de catastrophes climatiques seront nécessaires avant que l'opinion publique s'extirpe de ses pesanteurs et se mette en marche au service du long terme et de la mesure ? Et les politiques ? Quand la logique absurde des marchés se pliera-t-elle à la rationalisation et au respect de la nature, du monde ?
En attendant, on peut toujours tirer un coup de chapeau à Al Gore, à notre connaissance le seul homme politique de premier plan qui ait empoigné le taureau par les cornes. Bien sûr, d'aucuns l'accuseront de démagogisme, d'autres pointeront du doigt son goût du show à l'américaine, mais au moins, et par ces mêmes médias qui contribuent souvent, via la culture de masse, à valoriser la déesse consommation, il aura peut-être un impact sur le grand public. Il serait temps…
La France est sans doute un meilleur élève écologique que les États-Unis, mais j'avoue me désespérer qu'il m'ait fallu attendre ce film pour enfin retrouver chez un homme politique des préoccupations qui ressemblent aux miennes. Je suis bien en peine de choisir pour qui je voterai en 2007 : il faut aller faire un tour sur le site des Verts pour se faire une idée du côté bricolage dont la politique décidément ne se défait jamais. Pour ceux qui attendent la révolution, il reste encore à attendre. Mais je crois que j'aurais voté pour Al Gore sans trop me forcer. S'il a pu obtenir un tel résultat du grand politicosceptique que je suis, peut-être le miracle aura-t-il lieu ? |
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| Présentation |  Ganymède, le divin échanson cueilli par Zeus tandis qu'il paissait ses troupeaux sur les pentes de l'Ida de Troade. Il devait lui verser le nectar en place d'Hébé, la déesse de la jeunesse, et cela convient bien à notre temps — le monde est-il si vieux ? L'auteur empruntera donc sa signature pour ces lignes intermittentes sur la vie et l'esprit. En toutes solitude et liberté. Envoyer un mail à l'auteur | |
| commentaire(s) | La chute Paul (14/11/2009 10:44)Et on ne parle pas d... La vague Paul (29/03/2009 08:40)Je précise tout de s... Les Amandiers Ganymède (l'auteur !) (08/02/2009 19:58)Oui, le même Nietzsc... |
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