| jeudi 26 mars 2009, a 12:42 |
| La vague |
 Très belle découverte que Die Welle - en français La Vague - qui donne à réfléchir sur les phénomènes communautaires et les dérives autocratiques.
Il ne faut pas s'appuyer sur une fiction, fût-elle basée sur du un fait réel, pour en tirer des conséquences générales, mais le film m'a interpellé pour la raison suivante : on parle souvent de la manière dont les Nazis ont pu laver le cerveau à un peuple entier, on évoque la terreur, l'endoctrinement, l'idéologie pangermaniste et ses applications dans la propagande, l'antisémitisme, on accuse le peuple allemand d'être mauvais, etc. Or, ce qu'on voit dans ce film, c'est la constitution d'un groupe SANS IDÉOLOGIE, autrement dit qui n'a aucune revendication, aucune autre raison de se rassembler que le fait de l'avoir décidé pour un atelier au lycée. Et ce communautarisme, la simple existence d'un groupe avec ses codes de groupe (uniforme, salut) mais pas de propos, pas d'objet, pas d'idéal, aboutit à un besoin d'affirmation par rapport aux autres qui débouche sur de la violence.
Il ne m'était jamais apparu que le simple fait de dire au peuple allemand "rassemblons-nous" pouvait en soi ouvrir les portes à un débordement de violence et d'incommunicabilité entre les peuples.
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| jeudi 09 novembre 2006, a 22:05 |
| Maudit cross-over |
 Le nouvel album de Sting, baptisé Songs from the Labyrinth, vient de sortir dans les bacs. Il rejoint ainsi l'écurie Deutsche Grammophon, et d'aussi prestigieux poulains que Karajan ou Fischer-Dieskau. Il faut hurler au génie, et la presse comme les amateurs ont encensé l'idée tant que la réalisation. On nous parle de fraîcheur, de l'honnêteté qu'il y a à ne pas vouloir imiter les chanteurs d'opéra, mille autres choses sur l'adéquation de ce répertoire avec un chanteur mélancolique qui y est plus impliqué et plus adapté… Pourquoi pas ?
Sauf que… Si des chanteurs comme Pavarotti ont la mauvaise idée de se lancer dans ce répertoire, il y a un problème, qui ne suffit pas à mon avis à justifier que Sting revendique la position d'interprète idéal ! Musique pas technique, qui ne demande que de l'investissement, ça se discute… Quant aux déclarations du chanteur selon lequel Dowland serait la pop music de l'époque, il faudrait voir… La culture de masse du XVIe siècle n'est pas celle du rock, et l'éducation vocale d'un jeune homme en Angleterre a peut-être quelque peu évolué… Et puis le public de Dowland, quelque succès qu'il ait eu, a peu en commun avec le public pop de Sting. Mais quand le chanteur affirme ne pas aimer les cross-over, on est carrément sceptique. Car c'est quand même un peu ce qu'on nous offre…
DG (pardon, Universal) donne dans le commercial, comme c'est surprenant. Car le CD aurait pu sortir chez Alpha - et non chez ce label qui à ma connaissance n'a jamais consacré un enregistrement au compositeur dans son catalogue - dans un rayon classique sous le nom Dowland, interprété par Gordon Summer, et l'interprète idéal aurait eu un gentil Diapason d'Or. Mais voilà, c'est le nouvel album de Sting, vendu à grand renfort de publicité et d'un parfum de polémique délicieusement rentable… De là à douter de l'honnêteté de l'artiste, il n'y a qu'un pas, que nous ne franchirons pas. Quant à son talent et l'adéquation de son univers à la mélancolie élizabéthaine, n'ayant pas le disque, je ne donnerai pas d'avis. Je me contenterai de dire que s'il n'existe pas mieux parmi l'actuelle génération de chanteurs de musique ancienne, c'est grave, et la récession depuis les débuts des baroqueux est assez effrayante ; et s'il n'y a pas d'autre moyen de faire connaître et aimer Dowland que de le proclamer pop star, c'est que l'état d'inculture et de formatage de notre société est plus qu'avancé. |
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| dimanche 24 septembre 2006, a 19:08 |
| L'artiste dans la cité |
 Les artistes s'affichent de plus en plus aux côtés de tel ou tel homme politique. Certaines associations choquent moins que d'autres ; on pense à Doc Gynéco et Sarkozy, qui à première vue n'ont vraiment pas grand-chose de commun dans ce qu'ils véhiculent en tant que personnalités médiatiques (d'ailleurs, en admettant que Doc Gynéco ait par exemple sur le cannabis les mêmes idées que Sarkozy, on peut se demander si ce dernier goûte les harmonies suaves du ménestrel de l'UMP). C'est dans l'air du temps, et pour cause (la présidentielle de 2007 !). Mais je me demande s'il s'agit véritablement d'engagement politique. Je veux dire qu'on peut s'engager contre la guerre, contre la faim, contre la délinquance, contre la drogue, ou pour être positif, pour l'alphabétisation, pour la tolérance, pour les droits de telle ou telle catégorie sociale… Pour Sarkozy ou pour Ségolène Royal, en revanche, me semble un peu trop people pour être tout à fait sérieux… En tout cas l'artiste que je suis ne s'engagera pas aux côtés de qui que ce soit, et s'il devait le faire ce serait pour un parti qui n'existe pas et qui ne fait pas campagne. Dur de s'identifier à nos merveilleux hommes politiques. |
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| Présentation |  Ganymède, le divin échanson cueilli par Zeus tandis qu'il paissait ses troupeaux sur les pentes de l'Ida de Troade. Il devait lui verser le nectar en place d'Hébé, la déesse de la jeunesse, et cela convient bien à notre temps — le monde est-il si vieux ? L'auteur empruntera donc sa signature pour ces lignes intermittentes sur la vie et l'esprit. En toutes solitude et liberté. Envoyer un mail à l'auteur | |
| commentaire(s) | La chute Paul (14/11/2009 10:44)Et on ne parle pas d... La vague Paul (29/03/2009 08:40)Je précise tout de s... Les Amandiers Ganymède (l'auteur !) (08/02/2009 19:58)Oui, le même Nietzsc... |
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